Le blog de Serala

06 mars 2013

Bon anniversaire, mon amour

Alain, mon amour, tu aurais eu 64 ans aujourd'hui. Nous avions tant de projet, entre autres, nous devions nous acheter un camping car et sillonner les routes de France avec ou sans les petits, mais il n'aura jamais été acheté, même la caravane ne m'a pas vu depuis 3 ans maintenant, sans toi, partir, m'évader ne me tente plus. Quand je vois des hommes de l'age que tu aurais aujourd'hui, je sens monter en moi un cri de fureur et de détresse ainsi qu'un sentiment d'injustice.

Pourtant Alain, je sais que ce départ est celui que tu aurais voulu. Tu ne voulais pas vieillir, je ne suis pas dupe, j'ai bien compris cette détresse qui t'habitait. Ce sentiment d'ennui, je l'appréhende aujourd'hui mais il m'a fait énormément souffrir parce que je ne comprenais pas comment tu pouvais et t'ennuyer de cette vie, et m'aimer et aimer les enfants en même temps. Pour moi, cela n'avait aucun sens et je doutais de cet amour.

Cependant, au fil du temps et de mes recherches, j'ai appris à accepter ton mal être comme n'étant pas le mien, du moins n'étant pas de mon ressort. Je n'ai pas vécu ton enfance, certes la mienne n'a pas été le nirvana non plus, mais ma personnalité veut que je sois une battante, même ton départ ne m'a pas vaincu, il m'a couché, certes, mais il n'a pas eu raison de moi. Quelle a été cette enfance ? Je pense que cela n'a pas été celle que tu avais choisi et cela a entrainé un certain dégout de la vie.

Notre vie était pourtant agréable, la maison était celle que tu avais voulu, les enfants étaient en bonne santé, beaux et courageux. Ton travail te plaisait et j'étais là pour veiller à ce que ton quotidien soit le plus heureux et agréable possible. Je surveillais ta santé, je m'occupais de tout ce qui te touchait parce que je t'ai toujours aimé et je t'aimerai toujours. Mais ça ne suffisait pas et moi qui te regardais, je savais tes moments de détresse, j'assistais impuissante à tes moments de dépression. J'aurai tout donné pour que s'éloigne de toi ces égarements mais je n'ai pas su.

Depuis bientôt 8 ans, je me demande si tu ne t'es pas laissé aller au moment de ton départ. As-tu lutté ? Si on t'a proposé de rester ou de revenir parmi nous, as-tu au moins hésité ? Mon cœur se serre de deviner qu'à mon avis, tu as préféré retourner à la source, cet endroit qui te manquait tant. Oh, je ne t'en veux pas, je comprends mais je regrette nos moments de vie commune. C'est bien finalement, qu'on ne se retrouve pas trop vite parce qu'ainsi, j'ai le temps de déposer ma colère et ma douleur. Je pourrai ainsi être pleinement heureuse de te retrouver. Parce que tu vois, aujourd'hui, j'aurai voulu inviter les copains, François, Jacqueline, Marlène, Gérard, Jacky, Jeannette, Marie-Jo, Pascal autour d'une table, j'aurai voulu t'offrir des cadeaux que tu aurais déballés en riant, j'aurai voulu que tu souffles les 64 bougies de ton gâteau.

Au lieu de tout ça, je pleure. Aujourd'hui, je vais juste mettre un bouquet de fleurs devant ton cadre et mon cœur est lourd parce que ma vie ne sera plus jamais la même. Alain, je sais que pour toi, cette journée ne vaut plus grand chose mais moi, elle me marque encore terriblement parce qu'hélas, je ne peux plus faire grand chose pour toi mise à part te dire et te redire que je t'aime, je t'aime et tu me manques. Bon anniversaire mon amour.


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